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Présidentielle en Centrafrique: deux ex-Premiers ministres au second tour

Crédit photo: AFP
Le second tour de la présidentielle en Centrafrique opposera deux anciens Premiers ministres le 31 janvier : Anicet Georges Dologuélé qui récolte 23,78% des suffrages, et Faustin Touadéra, crédité de 19,42% des voix. L’Autorité nationale des élections a publié les résultats provisoires complets du premier tour ce jeudi après-midi. Le taux de participation est de 79%.

Anicet Georges Dologuélé arrive donc en tête. Selon le décompte de l’ANE, il récolte 23,78% des suffrages. En deuxième position, Faustin Archange Touadéra est crédité de 19,42% des voix. Ce sera donc un duel d’anciens Premiers ministres.

Dologuélé, 56 ans, ancien chef du gouvernement d’Ange Felix Patassé entre 1999 et 2001, ancien président de la Banque de développement des Etats d’Afrique centrale (BDEAC) entre 2001 et 2010, figurait parmi les favoris dans cette élection. Certains le pensaient même capable de l’emporter dès le premier tour, notamment grâce à un accord avec le KNK, le parti de Bozizé. Mais la conquête du pouvoir s’annonce plus compliquée que prévu pour lui.

La Cour constitutionnelle doit valider ces résultats

Face à lui donc, une figure du régime Bozizé, Faustin Touadéra, Premier ministre entre 2008 et 2013, ancien recteur de l’université de Bangui et mathématicien de formation. Son score constitue la véritable surprise de ce premier tour dans la mesure ou il s’est présenté comme candidat indépendant, puisque son parti le KNK a officiellement apporté son soutien à celui qui devient aujourd’hui son rival. Mais il semble qu’il soit parvenu à faire le plein de voix dans les bastions bozizistes.

Derrière eux, Désiré Kolingba, le candidat du RDC et Martin Ziguélé, tous deux candidats de partis politique bien implantés dans le pays, le RDC et le MLPC, sont crédités respectivement de 12,6 et 10,8%. Ils se poseront en arbitre ou en faiseurs de roi.

Autre surprise, le score honorable de Jean-Serge Bokassa, fils de l’empereur, qui récolte 6,55% des suffrages. En revanche, Karim Meckassoua s’effondre avec un peu plus de 3% des voix.

Rappelons toutefois que ces résultats sont provisoires. Ils doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle. La période des recours est ouverte, et certains candidats n’ont pas caché leur volonté d’en déposer.

Les enjeux du second tour

Ce sont donc deux candidats reliés à l’ex-président François Bozizé qui s’affronteront lors du second tour prévu le 31 janvier. « Nous y allons pour le remporter et nous ferons ce qu’il faut pour y arriver », a déclaré Anicet Georges Dologuélé peu après l’annonce des résultats du 1er tour. Pour lui, « celui qui va gagner, ce sera celui avec les meilleurs alliés ». Dologuélé sait de quoi il parle, il y a quelques semaines, il a rallié à sa cause l’ex-président François Bozizé et son parti le KNK. Mais là où le bât blesse, c’est qu’il trouve comme adversaire pour le second tour, Faustin Touadéra, ancien Premier ministre de Bozizé, évincé du KNK.

Ce candidat indépendant, qui officiellement ne bénéficiait d’aucun soutien politique d’envergure, a créé la surprise en devançant Martin Ziguélé ou encore Désiré Kolingba en se hissant au second tour de la présidentielle. « Les militants n’ont pas été pas dupes » a déclaré un proche de Touadéra peu après les résultats, avant de dénoncer l’accord de soutien du KNK à Dologuélé qui, selon lui, n’a pas été décidé par les militants.

Le second tour se profile donc avec deux anciens Premiers ministres. L’un avec le soutien officiel du KNK, l’autre qui bénéficie d’une base solide de sympathisant au sein du même parti. Tous les deux le savent, pour gagner, il faudra piocher dans l’électorat de leurs poursuivants.

Source: RFI

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