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Chronique : Réchauffement climatique : L’impossible unanimité dans les mots et les maux

Crédit photo: Futura Sciences
La quasi-totalité des scientifiques travaillant sur le changement climatique estiment que le réchauffement de la terre est dû à l’homme et à ses activités. D’après leurs estimations, les conséquences d’ici à quelques années seront entre autres : la survie difficile de certaines espèces, les sécheresses destructrices, la fonte des glaces, la montée des eaux des océans. Aussi les catastrophes comme les cyclones risquent de devenir de plus en plus fréquents. Fort de ce constat, La Conférence de Paris (COP21) à ce sujet qui s’est achevé le 12 décembre 2015 avait pour objectif de pallier cette situation. Une conférence qui a réuni 195 États.

À Montréal, les politiques de recyclage mises en place ont porté leurs fruits: les Montréalais recyclent davantage. D’après les données de Recyc-Québec , en 2012, les citoyens ont diminué leur déchets de 3% réduisant leur total à 724 kg de résidus par habitant. En 2015, l’objectif gouvernemental était de rester sur cette lancée.

Cependant, la clé du bonheur pour certains citoyens est de consommer alors que les efforts supplémentaires pour la planète semblent nécessaires. Jusqu’ici la parole est donnée aux scientifiques et aux décideurs politiques, mais qu’en pense le simple citoyen ?
Jusqu’où se sent-il concerné ? La question des changements climatiques influence t-elle les intentions d’achats des québécois?

La consommation se poursuit sans grand souci

À chacun ses priorités ! Un gros sac d’achats à la main, parfois deux ou trois, ils sont de plus en plus nombreux à magasiner pendant la période des fêtes de fin d’année. Quelques jours avant les festivités, rien ne semble arrêter les adeptes du magasinage que nous avons interrogés. Ils se sentent plus ou moins concernés par l’urgence des questions environnementales.
Dans le premier volet de l’enquête, certaines personnes interrogées âgées de 16 à 45 ans dans les deux sexes ne trouvent pas d’intérêt de se soucier pour l’environnement avant d’effectuer leurs achats. Ceux-ci sont farouchement opposés à l’idée de se sentir coupables de mettre à mal la planète. Pour leur défense, ils plaident que l’impact environnemental de leur consommation est négligeable. Pour eux, les véritables coupables sont ces multinationales qui polluent l’air avec leurs rejets toxiques ainsi que les nombreux automobilistes.
Aussi, préfèrent-ils parler de l’obligation de se nourrir, de se vêtir selon les saisons pour ne pas tomber malade, de s’amuser malgré le stress quotidien, bref de vivre.

Autre enseignement tiré de cette petite entrevue avec cette catégorie de personnes, il y a d’autres préoccupations plus importantes le changement climatique: « il existe aussi des questions beaucoup plus importantes que l’environnement à l’instar de l’éducation, la santé, le chômage et bien d’autres » estime Freddy, âgé de 30 ans, en recherche d’emploi depuis l’été dernier.

« Sans une fleur ou une plante autour d’elle, c’est l’espèce humaine qui est le plus à craindre et non l’environnement »

Depuis sa rencontre avec les plantes et son dévouement pour son travail avec les fleurs, Maude, jeune québécoise âgée de 27 ans, parle de la préciosité de la planète comme d’une amie non banale mais ultra indispensable. Son métier de fleuriste lui fait voir les choses sous un angle différent depuis maintenant 7 ans. Selon elle « le plus important n’est pas d’acheter mais acheter utile, responsable, et encore mieux consommer local ».
Courageuse et communicante dans l’âme, cette jeune adulte veut inciter ses clients « à se rendre compte que c’est grâce aux plantes qu’on a de l’oxygène et non grâce à internet ou quoi que ce soit. Acheter une fleur, c’est acheter du bonheur car l’on ressent après coût un sentiment de plénitude face à la nature. Sachons que sans une fleur ou une plante autour de nous, c’est l’espèce humaine qui a le plus à craindre et non l’environnement»
Pour ce qui est de son degré de souciance face aux changements climatiques, elle ne voit pas d’intérêt à conduire sur l’île de Montréal. L’option idéale pour cette jeune fille est le transport en commun, le covoiturage ou le vélo.
L’on ne peut donc pas s’étonner qu’elle réduise sa consommation d’eau et d’électricité ou qu’elle fasse du jardinage, ou même qu’elle utilise moins du plastique pour sauver la planète à son niveau.

Une solidarité qui interpelle aussi les propriétaires de magasins

L’idée de sauver la planète fait aussi partie du devoir qui incombe aux magasins de Montréal. Les efforts qu’ils se doivent de fournir se regroupent dans ce qu’ils appellent « programmes environnementaux ». Recycler, trier, gérer les produits non vendus et les acheminer vers les entrepôts ou vers les compagnies mères font partie des gestes souhaitables posés par des compagnies, afin de réduire l’impact des humains sur l’environnement.

Toutefois, certains propriétaires de magasins vont au-delà de ces efforts, notamment « Orchestra », la boutique de vêtements pour enfants, représentée par 800 succursales à travers le monde. Le propriétaire de la chaîne pense à remplacer le sac plastique par du papier. De même, malgré l’envie de suivre la mode, « ils ont un grand intérêt pour l’utilisation des matières bio à cause de la sensibilité de la peau des enfants », assure Sandrine, sa coordonnatrice dans son magasin de Montréal.

D’autres gestes évoqués par les personnes interrogées

S’il est vrai que l’environnement intéresse plus ou moins les consommateurs interrogés de moins de 50 ans, il est tout aussi vrai que c’est dans cette tranche d’âge qu’on arrive à déceler les « bons élèves », les vrais fans de l’écologie, prêts à faire les efforts surhumains si jamais la planète devait atteindre son point le plus moribond demain.

Quelques efforts de plus suggérés par les intervenants : certains sacrifieraient complètement leur goût prononcé pour la cigarette, car ils reconnaissent l’impact de cette fumée dans l’air. Ceux qui conduisent seraient prêts à choisir des véhicules moins enclins à la pollution.

Le constat est donc là. Les changements climatiques ou plutôt l’état délabré de la planète selon les experts et au vu de ce qui précède, semble être une notion à géométrie variable c’est-à-dire qui est définie ou vécue selon la réalité que chacun vit au quotidien. Et donc, tout le monde est loin d’être sur la même longueur d’onde.

Christelle De Bough

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