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Djazia Satour : « sans la musique, la vie me paraissait impossible »

Djazia Satour

« Adolescente, c’était vraiment une soupape pour moi, la musique. C’est-à-dire que sans la musique, la vie me paraissait impossible », a raconté Djazia Satour lors d’un entretien accordé à AfrikCaraibMontréal en marge de la 32e édition du festival international Nuits d’Afrique.

Interrogée par Claude-Aline Bellamy sur ses débuts en musique, Djazia Satour a affirmé que la vie lui paraissait impossible, sans la musique. « C’était comme une espèce d’espace ultra liberté, de très stimulant. Ça a été une chose qui a rythmé mes années adolescentes. J’avais l’impression que c’était quelque chose de vital. » raconte-t-elle « Je passais énormément de temps à chanter, à danser peut-être parce qu’il y avait des choses que je n’exprimais pas forcément avec la parole, c’était comme un exutoire. »

Même si la musique était « magique, quelque chose d’infinie » pour la chanteuse d’origine algérienne, elle ne s’imaginait pas sur d’énormes scènes ou devenir une star. Elle ne rêvait pas d’être célèbre non plus.

Adolescente, Djazia a fait des chœurs pour Gnawa Diffusion pendant 4 ans.Au début des années 2000, elle devient la voix du groupe MIG qui venait de se créer à Grenoble en France, où elle a immigrée dans les années 1990 en provenance de l’Algérie, son pays natal. « En fait la vérité, c’est que je faisais partie d’un groupe qui s’appelle MIG au début, en 2000, mais avant, je faisais d’autres projets musicaux. Je me suis vraiment exprimée en tant que compositrice chanteuse. », se rappelle -t-elle.

Celle qui est née en Algérie et a immigré en France avec ses parents, plus précisément à Grenoble dans les années 1990, est aussi revenue sur ses choix de chanter en trois langues avant de réduire ce nombre. « À l’époque, je chantais en français, en anglais et en arabe. Et j’avais choisi les trois langues-là pour différentes raisons. C’est vrai que par la suite j’ai fait le choix de réduire ce choix des langues. Et du coup, j’ai effectivement chanté plus en français. Je suis restée très attachée à l’arabe même quand je l’ai abonnée même après. Par la suite, je chantais en arabe et en anglais et maintenant qu’en arabe. », explique-t-elle. « C’est vrai qu’il y a un lien très fort affectif avec la langue arabe qui est la 1ere langue que j’ai parlée en famille. Donc elle a un statut un peu particulier, quelque chose de spécifique, de sentimental, en fait. De façon, j’ai observé, ayant fait plusieurs albums, le choix évolue en fonction des choses qui ne sont t pas toujours explicables à priori, j’ai eu l’occasion quand même de faire des duos en français. C’est peut-être moins évident. C’est parce qu’il y a beaucoup de musique-anglosaxonne. Et, j’ai des références plus pop. Mais j’ai toujours adoré chanter en français. »

Questionnée sur la signification de son album Aswât (sorti en 2018), Djazia répond : « Aswât, c’est des voix indéfinies. C’est-à-dire que c’est un ensemble de voix qui viennent de partout dans le monde qui nous racontent l’histoire d’un certain nombre de voix de personnages. Ces personnages, dont les voix arrivent d’un peu partout dans le monde. C’est-à-dire que ce sont des personnages qui vivent des aventures difficiles qui sont sur les routes, qui sont des réfugiés, des exilés par exemple. Des voix qui viennent de la télévision, des médias sociaux nous arrivent comme des tourbillons, des tumultes, tv, réseaux. On reçoit tellement d’informations qu’on ne distingue plus les voix de manière claire. Ça devient une sorte de cacophonie. Du coup, l’idée de raconter dans chaque chanson l’histoire particulière de plusieurs de ces voix qui deviennent, du coup, personnalisées : des réfugiés, des exilés, des gens qui sont dépossédés de leurs terres. Des voix que j’avais envie de donner une singularité dans cette cacophonie »

Par Ansou Kinty

Extrait du concert de Djazia lors du festival Nuits d’Afrique à Montréal

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