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Chronique/Travailler dans les espaces de bureau ouverts : Plaisir ou calvaire ?

crédit photo: Fuquay-Coworking Level
Nous le savons depuis très longtemps, la concentration reste l’une des clés de réussite dans des domaines bien divers. Au travail par exemple, elle est un choix bien adapté lorsqu’une entreprise vise un rendement supérieur ou égal à ses attentes. Cependant, un seul groupe de mots semble remettre légèrement en question cette focalisation qui, dans bien des cas, recherche énormément d’énergie positive et de silence : le travail dans un espace de bureau ouvert. Ce mode de travail, pratiqué par certains employeurs rythme le quotidien d’un grand nombre d’employés ici et là. Un quotidien qui peut être aussi stressant que plaisant selon l’avis de chacun.

La productivité, l’efficacité et le bien-être sont-ils possibles dans un environnement où les employés sont agglutinés dans un espace assez large ? C’est précisément à cette interrogation que certains employés ont accepté d’émettre leurs visions aussi diverses que variées. Néanmoins, si la productivité et l’efficacité ne sont pas ébranlées, la concentration et le bien-être, eux, y laissent plusieurs de leurs plumes.
Ainsi, pour une douzaine de personnes interrogées, la qualité de vie au travail est un maillon incontournable et primordial. De même, les espaces ouverts sont plus propices au stress que les bureaux fermés.

Le portrait –robot du collègue rabat-joie
Cette enquête, qui a porté sur un échantillon de 12 personnes travaillant dans des espaces ouverts et fermés, montre une différence considérable entre les deux types d’espaces.
Les espaces de bureau ouverts sont les lieux de stress et c’est énormément le cas pour 8 personnes interrogées pour qui la cause est sans contestation certains de leurs collègues de travail. Ce malaise implique une défaillance de leur bien-être surtout psychologique jusqu’à atteindre des proportions pas banales du tout.
De quoi parle t-on précisément ?
Les caractéristiques majeures d’un perturbateur, c’est-à dire celui qui ne connaît pas ses limites dans un espace de bureau et dont les débordements sont très mal supportés par l’entourage, sont innombrables, celles qui reviennent le plus souvent:

– Il parle très haut et fort : que de fois n’avons-nous pas entendu cette remarque. Le perturbateur est incapable d’ajuster le volume de sa voix tout en tenant compte de ses autres collègues. Même s’il peut être très apprécié pour sa sympathie, il confond consciemment ou inconsciemment son canapé et le bureau, et ça dérange.
– Il a mille et une raisons pour attirer l’attention : dès le seuil de la porte du bureau à son arrivée, il s’efforce de ne pas respecter le silence et la concentration des autres, pourtant un petit bonjour ou salut suffirait. Que nenni ! Les raisons de son retard sont multiples : de la panne du métro jusqu’à son cadran qui n’a pas sonné en passant par l’indigestion et le mal de dent.
-Sa vie privée est publique : Si l’on cherche les angoissés, ils sont dans les lieux de travail. Ses angoisses et sautes d’humeur sont l’affaire de tous. Ses photos de voyages, ses élucubrations, ses remarques sur ce qui se passe sur les réseaux sociaux et ses chicanes de couples sont croustillantes peut-être, mais s’est-il demander si le moment est opportun ?

Un espace favorable à l’utile et à l’agréable

Tous les mots évoqués par les 12 participants sur les espaces de bureau ouverts ne sont pas tous mis au même pied d’égalité puisque certains y voient carrément un certain enthousiasme qui s’explique par plusieurs raisons :
– Une dynamique : Au gré de cette enquête, c’est l’un des mots qui illustre mieux les points positifs des espaces de bureau ouverts. L’ambiance ici est plus conviviale et moins « plate » que s’enfermer dans un bureau pour travailler. L’on acquiert facilement une certaine aisance et habiletés pour demander de l’aide aux autres. Aussi, l’esprit d’équipe devient un automatisme auquel personne n’échappe, un esprit qui rend chacun disponible à tous. Bref, il y a donc là un esprit rassembleur.
-La détente : une bonne blague lancée par un employé permet tant bien que mal de se détendre, d’apprécier l’instant présent et d’installer une ambiance agréable par la suite.
-Pas de singerie : dans un espace comme celui-là, il est facile de savoir si quelqu’un travaille ou fait semblant. Impossible d’aller sur les sites illicites ou de dormir parce que tout le plancher te verrait.

Alors que les bureaux fermés sont largement le choix préférentiel de plusieurs employés interrogés grâce dûment à leur accès à l‘intimité, à la concentration et au bien-être personnel, les espaces de bureau ouverts quant à eux ne se laissent pas gommer pour autant.

Mais comment donc se décider à choisir entre les espaces de bureau ouverts et ceux fermés si plusieurs critères sont pris en compte ?
Les différents critères sont le reflet d’une attitude qui dépend des entreprises, de leur rendement et de leurs employés. Il existe des personnes qui supportent très bien le bruit et d’autres pas. Tous les espaces de bureau ne sont pas nocifs pour la santé. Si c’était le cas, ils n’existeraient sûrement plus du tout.
Toutefois, tous les interviewés sont unanimes pour dire qu’un employeur digne de ce nom devrait prendre le temps d’observer continuellement ses employés, de les écouter et de penser aux compromis si nécessaire.

Par Christelle De Bough

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