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Christian Josz (FMI) : « Notre mission au Mali a été un grand succès »

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Du 12 au 25 septembre, une mission du Fonds monétaire international a séjourné à Bamako pour faire la lumière sur des marchés passés par le Mali. Christian Josz, chef de mission du FMI, livre le compte-rendu de ses audits.

Jeune Afrique : Comment les audits se sont-ils déroulés ?

Christian Josz : Nous avons demandé aux organes externes de contrôle du Mali, le Bureau du vérificateur général et la Cour suprême, de faire une analyse de la situation, et ces organismes ont fait un excellent travail.

Dans le cadre du contrat de fournitures militaires de 69 milliards de F CFA, il y avait une surfacturation importante de 29 milliards. Ils ont aussi travaillé sur le fonds de garantie de l’État, qui est de 100 milliards. D’après le vérificateur général, celui-ci pourrait avoir été utilisé frauduleusement à hauteur de 10 milliards de F CFA. L’intermédiaire (Guo-Star) a transféré des fonds en se targuant de la garantie de l’État, sans rapport avec ces achats militaires. Les audits ont également mis en évidence des transactions exécutées par l’État en dehors de la loi.


Comment cette surfacturation a-t-elle pu passer inaperçu ?

Le Bureau du vérificateur général a pu déceler des erreurs à partir des factures pro forma du fournisseur, en les comparant à celles de l’intermédiaire Guo-Star. Ainsi, contrat par contrat, il est arrivé à la conclusion que sur les 69 milliards, la marge de Guo-Star était de 29 milliards ! Il s’agissait d’un contrat signé de gré à gré, signé de manière opaque, ce qui est illégal. On ne peut pas signer un marché s’il n’y a pas de crédit budgétaire existant. En général, c’est cette erreur qui donne lieu à des surfacturations.

Qu’avez-vous trouvé au sujet de l’avion présidentiel…?

Dans les deux rapports d’audit concernant cet achat, les chiffres sont légèrement différents mais très proches du montant de 20 milliards de F CFA déclaré par l’État. Selon les intermédiaires spécialisés cités par le Bureau du vérificateur général, le prix d’un avion de cette nature varie de 30 et 40 millions de dollars. Le prix que l’État malien a payé est proche du montant supérieur de cette fourchette.

Quelles sont les mesures prises par l’État malien pour corriger ses erreurs ?

D’abord, le gouvernement a accepté de publier les audits sur les sites de la primature, du vérificateur général et de la Cour suprême. C’est important d’être transparent sur toutes les opérations qui se sont mal passées. Ensuite, le gouvernement a accepté d’informer l’opinion publique nationale – et nous aussi – sur les sanctions qui devront être appliquées aux agents qui ont enfreint à la loi. Enfin, nous nous sommes mis d’accord avec le gouvernement sur de nouvelles procédures beaucoup plus rigoureuses pour les achats de type secret-défense.

Désormais pour ce genre de contrats, il faut un crédit budgétaire, et il y a des seuils. En dessous d’un milliard, le ministre en charge du dossier peut signer en son nom propre ; entre un et quatre milliards, le ministre des Finances doit ajouter sa signature ; au-delà de quatre milliards, il faut passer en conseil des ministres. L’appel d’offres sera restreint et les autorités devront solliciter des opérateurs ayant la capacité technique et financière pour mener à bien le contrat.

Est-ce que le signal est au vert aussi en ce qui concerne les autres institutions qui ont gelé leurs lignes de crédits au gouvernement malien ?

Nous donnons un signal positif, notre mission a été un grand succès. Les problèmes que le
L’agence de notation Standard & Poor’s a confirmé la note « B+ » attribuées aux émissions souveraines de longue maturité de la République du Congo et de la Zambie, avec des perspectives…

Source: Jeune Afrique économie

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