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Vidéo: Meklit nous parle de l’Éthiopie, de sa carrière musicale

Meklit Hadero, artiste d’origine éthiopienne et vivant aux États-Unis, nous a parlés de son Éthiopie natale, sa carrière musicale lors d’une entrevue le 18 juillet passé dans l’après-midi à l’hôtel Lord Berri de Montréal. Elle devait se produire le soir le même jour au Gesù dans le cadre du festival Nuits d’Afrique 2014.

SCC: Bienvenue au quotidien AfrikCaraïbMontréal,
Nous sommes enchantés de faire votre connaissance,
Vous êtes née en Éthiopie au début des années 1980, mais vous avez grandi aux États-Unis où vous avez étudié sciences politiques à l’Université Yale. Pourquoi une artiste comme vous avait choisi de poursuivre des études en sciences politiques?

Meklit : À l’époque, j’étais artiste, mais intérieurement. Je me suis dirigée plus sérieusement vers ma carrière artistique qu’à l’âge de 24 ans. J’avais choisi à l’époque d’étudier les sciences politiques, car selon moi, la connaissance dans ce domaine est indispensable pour comprendre les différents types d’arts libéraux. La compréhension de la culture et de l’art nécessite d’apprendre et de se forger une opinion sur la notion du droit. Il faut développer sa vision personnelle sur le monde en tenant compte de ses complexités avec lesquels nous devons interagir. Je ne visais pas particulièrement une carrière dans le domaine de la politique, mais plutôt acquérir des connaissances pour me faire une idée personnelle de la société et du monde en général.

SCC : Peu de temps après votre graduation, vous avez déménagé à San Francisco, Californie où vous avez découvert un univers culturel et artistique ouvert ou propice à la création chez un jeune musicien. Quel fut pour vous le moment le plus marquant depuis le début de cette expérience?

Meklit : Pour moi le fait de vivre à San Francisco est un privilège, car cette ville abrite une communauté artistique engagée dans la communauté et ouverte sur le monde. Les artistes de San Francisco évoluant dans le domaine de la musique, du cinéma et de la photographie se sentent libre de créer pour eux-mêmes, pour la communauté ainsi que pour le monde entier.

SCC : Est ce que vous préférez San Francisco à New-York?

Meklit : Absolument! J’aime New-York, c’est une ville que je connais bien car j’y ai grandi, mais c’est un tourbillon en activité. Je trouve que San Francisco est plus relax comme ville avec son climat.

SCC : Aussi, vous avez fondé le Collectif Arba Minch, un regroupement d’artistes Éthiopiens membres de la diaspora qui se dévouent à valoriser la culture de leur pays par des collaborations avec des artistes traditionnels et contemporains. Après une période sombre dans son histoire, l’Éthiopie renaît depuis deux décennies avec une croissance économique. Est-ce que c’est une dure mission pour vous et les autres artistes éthiopiens de représenter la culture du plus ancien État africain?

Meklit : Je ne peux seulement que représenter ma propre existence qui est caractérisé par mon souffle de vie. Maintenant, j’ai fondé le Collectif Arba Minch afin que les voix artistiques de la diaspora éthiopienne puissent nouer des liens solides et profonds avec leurs homologues locaux. Il faut savoir que la société éthiopienne connaît des changements rapides et que pour garder une bonne connexion, il est nécessaire pour nous les artistes de la diaspora, de s’y rendre souvent et en groupe de préférence.

SCC : Meklit, vous avez jusqu’à présent réalisé cinq albums. Vous êtes reconnue pour votre style soul, et pour votre combinaison musicale incluant le jazz de New York, le folk de la Côte-Ouest américaine ainsi que des influences de l’Est de l’Afrique. Avez-vous des nouveaux projets musicaux dans lesquels vous pourriez explorer de nouveaux styles?

Meklit : Pour l’instant, je suis très satisfaite de ce mélange de styles musicaux en provenance de l’Est de l’Afrique, de New-York et de San Francisco. Aussi en 2011, j’ai cofondée le Projet du Nil avec Mina Girgis une ethnomusicologiste égyptienne. La mission de ce projet est d’établir une collaboration entre des musiciens originaires de onze pays localisés dans le Bassin du Nil. Je crois que le fait de travailler ensemble à la création d’œuvres musicales favorise le dialogue entre les cultures dans un contexte où la région est le théâtre d’enjeux politiques importants comme le partage des eaux du Nil.

SCC : Quel effet cela vous fait de participer au Festival Nuits d’Afrique de Montréal?

Meklit : C’est un festival très spécial. J’y ai participé à deux reprises par le passé et ce fut à chaque fois une merveilleuse expérience pour moi. Je crois que Nuits d’Afrique est une voie importante pour faire connaître la musique africaine dans toute sa diversité et sa splendeur. Le personnel du festival fait aussi un travail incroyable en particulier concernant la publicité.
Merci beaucoup Meklit,

Au nom de toute l’équipe d’AfrikCaraïbMontréal, nous vous souhaitons du succès pour votre spectacle ce soir!

Simon Cloutier-Cyr

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