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Tunisie: festival de Jazz à Carthage 2015 , une édition de tous les défis

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Le Festival International de Jazz à Carthage est un événement qui se déroule annuellement en Tunisie depuis 2005. Il s’agit d’un immense rendez-vous musical qui brasse tous les styles du Jazz, du Pop, du Soul et du Blues.

Le lieu de rencontre des professionnels de toutes les musiques, a eu lieu du 10 avril jusqu’au 19 avril 2015, au palais des Congrès de Tunis, le plus grand centre des conférences de la capitale tunisienne. Cet événement a été organisé par Ooredoo, opérateurs de télécommunications privé en Tunisie, et Scoop Organisation, organisateur et producteur de concerts, de spectacles et de festivals, dirigé par Mr Mourad Mathari.

Pendant près de dix jours, 19 artistes de renommée internationale ont animé la programmation parmi eux, le célèbre groupe d’electro-funk anglais, Imagination, la jeune canadienne pétillante du soul, Kellylee Evans et le duo andalous exceptionnel du flamenco-jazz, Chano Dominguez et Nino Josele. Une salle pleine avec un public de tout âge, les spectateurs ont dansé et chanté. Une rencontre qui ne pouvait que produire des étincelles.

L’ouverture de la 10éme édition a été enflammé par le saxophoniste, compositeur et producteur franco-tunisien Yacine Boulares, l’un des musiciens de jazz Tunisiens les plus en vue de la scène internationale. Il a assuré une prestation très applaudie pour ses propres compositions, inspirés par sa confluence franco-tunisienne. Au second concert, le public a accueilli la chanteuse franco-camerounaise, Irma, avec son instrument de prédilection, la guitare. La jeune talentueuse a partagé beaucoup de réjouissance à travers ses chansons et de plaisir avec les reprises de quelques chansons comme ʺRolling in the deepʺ d’Adèle, ʺNo diggityʺ de Blackstreet, ʺI want you backʺ de The Jackson five etc.

Le dimanche 19 avril, le festival est arrivé à son terme avec la présence du ministre de la Culture, Mme Latifa Lakhdher. Une clôture qui a bel et bien marqué le public suite à la performance du jeune tunisien, Zied Bagga, un auteur compositeur et interprète, influencé par la musique folk, soul et neo/soul. Pour la première fois sur scène, il partage ses capacités extraordinaires sur le plan vocal et musical. Il a vocalisé quelques titres de son tout dernier album «Questions».
Au final, le guitariste Lucky Peterson a prouvé qu’il n’usurpe pas son titre, celui d’être le maitre du blues. Reconnu pour ses prestations enflammées et l’immense succès de ses albums en Amérique et en Europe, l’homme-orchestre et chanteur repousse encore une fois les limites de sa virtuosité avec une tournure variée et un Blues moderne. Un talent brut !

L’ambiance de cette édition était forte en émotions. Les lieux ont vibré sous les notes de ces 19 artistes. Une ouverture musicale suite à la demande du public. Les Tunisiens ont fait la fête avec un show parfait, malgré les contraintes sécuritaires suite à la tuerie du musée Bardo de Tunis, le changement des élections présidentielles qui ont ralenti la période festive, le désistement de 5 artistes sur les 22 prévus initialement. Des difficultés administratives et financières qui ont été lourdes et handicapantes selon le responsable du festival et surtout le manque de soutien de la part de la partie gouvernementale. «On a pris des risques malgré le manque de couverture d’assurance et l’état s’est retiré et n’as pas soutenu cette manifestation», a déploré Mr Mourad Mathari.

Une édition stressante, épuisante avec des problèmes amplifiés pour plusieurs raisons. Un parcours un peu chaotique pour cette année, mais la qualité de l’organisation, de la sonorisation, de la lumière, la logistique, l’aspect sécuritaire et surtout la qualité des prestations ont fait de ce festival un véritable succès. Les artistes sont satisfaits de leur participation à cet événement.

«Nous aimons notre pays, nous voulons améliorer l’image de notre Tunisie. La culture n’a pas été touchée et le festival est un signe fort pour dire que les actes passés sont isolés et ne gagneront jamais à nous paralyser. On est là, les tunisiens sont forts», a souligné Mr Mourad Mathari. Un message fort émouvant d’un patriotisme à nul autre pareil.

Avec notre correspondante à Tunis, Ines Allagui

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