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Selon Barbara Guillaume, la musique permet de défendre les autres

Barbara Gullaume, chanteuse. Crédit photo: Nuits d'Afrique
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Lors d’une entrevue accordée à Afrikcaraibmontreal au mois de juillet dernier lors de la 32e édition du Festival international Nuits d’Afrique, à Montréal, Barbara Guillaume, chanteuse et militante, a déclaré que la musique permet de défendre les autres. Interrogée par Balla Wade, l’artiste d’origine haïtienne a largement parlé de son militantisme, son engagement social et communautaire en Haïti, son pays d’origine.

En Haïti, Barbara Guillaume se bat avec plusieurs armes (la musique, le militantisme, l’implication humanitaire) pour défendre des causes.

Pour cette native d’Haïti, la musique, « ça permet de prendre la défense des autres… » C’est aussi un meilleur outil pour convaincre, pour pouvoir exprimer sa passion, sa mission.

Quand on lui demande si elle fait de la musique pour être la voix des sans voix, elle répond: « D’être la voix des sans voix, d’être en avant, de pouvoir me faire entendre… »

Et son engagement sur plusieurs fronts a sa raison d’être en Haïti où « il y a toujours des revendications à faire, des causes à défendre, des luttes en n’en plus finir… »
Justement début juillet 2018, des troubles ont éclaté en Haïti après l’annonce, par les autorités du pays, de l’augmentation du prix du carburant: l’essence de 38%, le diesel de 47% et le kérosène de 51%.

D’ailleurs étant à Montréal au moment des troubles contre la hausse du carburant dans son île natale, Barbara Guillaume avait projeté de s’y rendre pour animer un gala. Mais la chanteuse avait finalement renoncé d’y aller de peur qu’elle ne puisse pas revenir à Montréal, à cause des violences, pour honorer son concert du 12 juillet dernier dans le cadre de la 32e édition du Festival international Nuits d’Afrique.

Suite aux violences, le gouvernement haïtien avait finalement renoncé à la hausse du prix du carburant « jusqu’à nouvel ordre ».

À propos de ces troubles, Barbara Guillaume a affirmé que  » c’est la politique du gouvernement de communiquer avec le peuple qui n’était pas bonne »

Elle trouve aussi que le peuple haïtien est parfois manipulé par une minorité (5% de la population) qui « détient toute la richesse du pays ». Quand cette minorité sent ses intérêts menacés par le gouvernement en place, elle « utilise le peuple pour ses propres intérêts ».

Celle qui se définit comme artiste (non pas comme musicienne) a aussi participé à la mise sur pied de « nap vanse » (« avançons », en créole haïtien), le fruit d’une « collaboration de quatre personnes et d’autres organisations de femmes en Haïti » après le séisme qui a secoué le pays le 12 janvier 2010 faisant plusieurs morts et de nombreux blessés.

Après le tremblement de terre, en travaillant chacune de son coté, à ramasser des enfants dans la rue, à apporter de la nourriture, des habits et des médicaments aux uns et aux autres, les quatre personnes, dont Maria Bello (actrice américaine), se sont rencontrées et ont mis en place « nap vanse » une organisation « qui prend la défense des femmes, qui fait en sorte que les femmes soient autonomes pour faire face à la violence », selon Barbara Guillaume.

Elles ont choisi Cité Soleil, un quartier pauvre à Port-au-Prince. Ainsi elles ont mis en place « une clinique physique » pour soigner les femmes.
Quelques mois plus tard, c’était devenue une clinique familiale, car les hommes, surtout les enfants y venaient aussi, selon Barbara Guillaume. « C’était vraiment extraordinaire pour les gens » se rappelle-t-elle.
Car c’était la première fois que les femmes pouvaient choisir de ne pas accoucher chez elles, mais d’aller accoucher à l’hôpital. Depuis lors, certaines femmes pouvaient accoucher à la clinique tandis que d’autres étaient envoyées ailleurs dans des hôpitaux, se souvient-elle.

Des cliniques mobiles ont été aussi mises en place pour apporter une assistance médicale aux populations. L’organisme « nap vanse » offre aussi des formations aux jeunes. Par exemple, des jeunes qui veulent travailler avec des ONG peuvent bénéficier d’une formation en anglais.

En fin d’entrevue, Barbara Guillaune a déclaré que tout le monde peut réussir dans la musique, il suffit d’avoir la voix, l’étoffe et le courage de s’imposer.

Ansou Kinty, avec Balla Wade

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