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Le Sénégal se lance dans la production de zircon

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Le Sénégal est entré dans le cercle très fermé des producteurs de zircon, un minerai utilisé dans les matériaux de construction. La production a démarré en mars. Les premières exportations sont prévues fin juillet. La mine de Diogo, située à 150 kilomètres au nord de Dakar, s’étend sur plus de 100 kilomètres le long de la côte. Elle produit aussi de l’ilménite, un autre minerai utilisé dans l’industrie des pigments.

C’est le quatrième gisement de zircon le plus important au monde et pour l’exploiter, GCO, Grande Côte Opération, a investi 678 millions de dollars. C‘est l’un des plus gros investissements jamais réalisé au Sénégal.

Grande Côte Opération est contrôlé à 90% par l’Australien Mineral Deposits Limited, et le Français Eramet. 10% ont été cédés gratuitement à l’Etat du Sénégal. L’Etat qui touchera les dividendes en tant qu’actionnaire et 5% de redevance au lieu de 3% comme le prévoit le code minier. Seulement 700 emplois directs sont créés pour la phase de production.
Bruno Delanoue, le président du conseil d’administration, prévoit une production de 80 000 tonnes par an de zircon dès l’année prochaine, soit 7% de la production mondiale et près de 600 000 tonnes d’ilménite.

« Des paysans ont été expropriés et les compensations financières restent trop faibles. N’y a-t-il pas de risque notamment pour les nappes phréatiques ? », s’inquiète Paul-Dominique Correa du Forum civil.

« Nous n’employons aucun produit chimique, l’extraction se fait pas aspiration du sable et de l’eau, et la séparation entre les minerais et le sable, par magnétisme et lavage », répond Bruno Delanoue. On rejette du sable pur. Et de préciser : « C’est une exploitation mobile : on avance de 4 kilomètres par an et, au fur et à mesure, on reconstitue les dunes avec le sable que l’on a rejeté. »

Une deuxième mine de zircon et aussi de titane pourrait être bientôt exploitée, cette fois en Casamance dans le sud du pays, par un autre groupe, l’Australien Carnégie Astron, mais dans un contexte complètement différent, en pleine mangrove alors que la mine de Diogo est au milieu des dunes.

ZirconCe gisement découvert à Niafourang se heurte à une vive hostilité des villageois. « Si l’on détruit notre dune, la mer va entrer, avaler nos rizières, notre eau ne sera plus potable. C’est tout l’écosystème du littoral qui est menacé », explique Moustapha Faty, un des responsables du Comité de lutte qui s’est monté contre le projet. Le mouvement rebelle indépendantiste du MFDC (Mouvement des forces démocratiques en Casamance) s’est même saisi de l’affaire et parle d’un casus belli si le projet n’est pas stoppé.

Source: RFI

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