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L’Algérie à l’aube de la 2e République

Manifestation en Algérie pour le départ du président Bouteflika du pouvoir

Les événements politiques se sont succédé à un rythme accéléré ce début de semaine en Algérie. La constitution d’un nouveau gouvernement (ce qui ne répondait pas du tout aux exigences de la rue) composé de 21 ministres au lieu de 27 dont 5 qui figuraient déjà dans l’ancienne équipe, dont le vice-ministre de la défense.

Mardi passé, le général de l’état major de l’armée nationale populaire Gaïd Salah, l’ancien bras droit du président malade a fait une réunion extraordinaire avec tous les chefs des corps de l’armée (terre, air et mer ), des commandants des 6 régions militaires, de la gendarmerie et son ennemi juré, le 2ème homme fort du pouvoir, le général major de la garde républicaine Ben Ali Ben Ali (l’homme fort qui a fait allégeance au clan Bouteflika). Ce dernier s’est rallié au camp des militaires les véritables détenteurs du pouvoir en Algérie.
La peur que la situation leur échappe et surtout la peur d’une guerre civile voir même vivre le même scénario qu’en Libye ou en Syrie a pesé fort dans la prise de décision à l’unanimité pour « ordonner » au clan des Boutef de déposer immédiatement la démission du président malade avec un ton menaçant à peine voilé.

C’était une course contre la montre que la présidence a perdu après que l’ancien président Liamine Zeroual (1995-1999), un ex-militaire aussi a refusé de prendre le poste du président par intérim pour gérer le pays dans la période transitoire et il a diffusé un communiqué où il a évoqué non seulement le contenu de la discussion mais il a demandé aussi au peuple de rester vigilant et ne pas tomber dans le piège de l’oligarchie mafieuse.
Après le discours du chef de l’état major le général major Gaïd Salah, le président malade a remis immédiatement sa démission au président du conseil constitutionnel. Le chapitre de son règne est fermé par l’armée comme il avait commencé.

C’est une grande victoire pour le peuple, car il a fait bouger les choses et est devenu partie prenante de ce changement. Mais la bataille est gagnée, pas la guerre. Car ce que le peuple veut se débarrasser de tous les gens du système (l’oligarchie mafieuse, des partis politiques comme le FLN (Front national de libération) et le RND (Rassemblement national démocratique) et les petits partis « d’opposition » créés par le système pour donner l’impression qu’il s’agissait d’une gouvernance d’essence démocratique.

Manifestation en Algérie pour départ du président Bouteflika

Manifestation en Algérie pour départ du président Bouteflika

Comme le peuple veut la dissolution pure et simple de l’Assemblée nationale avec ses 2 chambres, le conseil constitutionnel, la démission immédiate du vieux Gaïd (84 ans) et la composition d’une nouvelle constitution à l’image des aspirations du peuple, l’instauration d’une véritable démocratie, la séparation des pouvoirs (législative vs l’exécutif ) avec l’autonomie de la justice, plus d’intervention des militaires dans la vie politique, ce qui va servir de socle pour la fondation d’une deuxième République.

Manifestation en Algérie contre le départ de Bouteflika du pouvoir

Manifestation en Algérie contre le départ de Bouteflika du pouvoir

Le chantier a l’air grandiose et impossible à réaliser, mais si on relit l’histoire de l’humanité on peut constater et comprendre que tout est une question de volonté, de réflexion, d’effort, d’unions des forces, de persistance et de patience.

Par Abdellah Merani

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