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Intégration professionnelle à Montréal et perspectives d’emploi en Afrique

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 Le Forum des affaires mondiales (FAM) et l’Association des étudiants aux programmes de certificats (AEPC), deux structures étudiantes de HEC Montréal ont organisé le 26 mars dernier une conférence dénommée Think Africa sur l’intégration professionnelle au Canada et les perspectives d’emploi en Afrique.

Pilotée par le comité Carrières de l’AEPC, la conférence portait sur trois sous-thèmes avec un expert par sous-thème.

Que l’on soit en Afrique ou au Canada, il est important de savoir décoder le langage de son environnement afin de se frayer un chemin professionnel. C’est ce que la directrice générale et fondatrice de Protocol Plus (PPP), Mme Nadia Ferrah et le président de l’Organisation des professionnels congolais du Canada (OPCC), M. Franck Katata, ont expliqué lors de leur intervention à HEC Montréal.

Connaitre la culture de l’autre

Il est important, voire primordial d’adapter ses pratiques en affaires au milieu dans lequel on évolue sous peine de commettre des impairs, selon laConférenciers directrice générale de PPP Mme Nadia Ferrah, dont l’entreprise est spécialisée en coaching en milieu interculturel. « Ce qui est inapproprié en affaires au Québec peut ne pas l’être en Afrique ou ailleurs», a fait savoir Mme Ferrah, diplômée de The protocol school of Washington. En Amérique du nord, l’usage voudrait que la poignée de main soit bien ferme et que le contact visuel soit droit et bien soutenu lors d’une rencontre en affaires alors que dans le monde arabe le point de main est souple et le regard n’est pas soutenu, selon la fondatrice de PPP.

Pour insister sur l’influence de la culture  dans un milieu professionnel multiculturel, Mme Ferrah  a cité, entre autres exemples, l’étude d’une université californienne qui dit que, dans la communication, seulement 7% est verbal, 38% vocal (le timbre de la voix), 55% visuel ou contextuel (dans certains pays). Elle a souligné qu’il n’y a pas de bonnes ou mauvaises pratiques en affaires, mais de différentes façons de faire.

Tisser sa toile professionnelle

Franck Katata, MBA ( diplomé de l’UQÀM) spécialisé en financement d’entreprises cumule 17 ans de métier de banquier. Dans le casse-tête de réussite professionnelle, outre le savoir, le savoir-faire, la confiance en soi,…le réseautage vient offrir ou servir de bougie d’allumage pour assurer le succès professionnel car, l’importance n’est pas dans ce que l’on connait mais bien qui on connait.

«80% des emplois sont invisibles et s’obtiennent qu’à travers le réseautage» a indiqué. M. Katata. Il a conseillé aux personnes présentes lors de son intervention de pratiquer un réseautage intelligent qui consisterait à faire connaissance avec ses voisins, à utiliser les réseaux sociaux, à participer à des 5 à 7 professionnels, à éviter de parler de sujets controversés lors de ces 5 à 7, à faire des suivis après chaque 5 à 7, etc.

Il est bien beau  de connaitre la culture de l’autre ou de se bâtir un réseau, mais ces outils ne serviront à rien s’il n’y a pas de perspectives professionnelles dans un milieu donné. Du coup, le chroniqueur économique de Afrique Expansion magazine, Serge Tchaha a bouclé la conférence en parlant de l’Afrique comme futur pourvoyeur d’emplois. Des emplois qui pourraient intéresser les diplômés du Canada en général et de HEC Montréal en particulier.

L’Afrique, futur géant économique?

D’entrée de jeu, le titulaire du MBA de l’université de Laval en gestion internationale de l’entreprise, M. Serge Tchaha se dit terrassé par le virus de l’afropositivisme. Pour M. Tchaha, l’Afrique a un avenir prometteur.  Pour étayer ses propos, il s’appuie sur des études, les  fortunes et déclarations des pointures de l’économie africaine, dont le richissime nigérian Aliko Dangote qui pèse plus de 20 milliards de dollars (classement 2014 du magazine économique américain Forbes. M. Aliko Dangote, qui possède la première cimenterie en Afrique (Dangote Cement), compte quadrupler sa fortune en investissant 9 milliards de dollars dans une raffinerie de pétrole au Nigéria.

D’après un rapport de la Conférence des Nations Unis sur le commerce et le développement (CNUCED) daté de 2013, l’Afrique était la seule région où les investissements directs étrangers ont cru d’environ 5% alors qu’ils sont en baisse ailleurs. «Mais c’est aussi le continent où les investissements étrangers sont faibles », a précisé M. Tchaha. Pour une baisse drastique de la pauvreté, il faut une croissance de 7 à 8%, selon les économistes. Pour le moment, elle est d’environ 5% en Afrique.

Selon une étude du Boston constituing group, seulement 10 % des grandes entreprises internationales étaient présentes en Afrique en 2006. En 2013, 90% des grandes entreprises internationales étaient présentes sur le continent africain. « Ça dit beaucoup de choses sur l’Avenir de l’Afrique », a précisé le chroniqueur économique. Car si la Chine a pu devenir la deuxième puissance mondiale, c’est grâce aux investissements étrangers estimés à environ 20 milliards de dollars qu’elle a bénéficiés au cours des 20 dernières années, d’après les points de vue de certains experts.

M. Tchaha a aussi cité les secteurs des jeux vidéo (pour une population jeune), de la culture, des télécommunications, du bâtiment (d’ici 20 à 30 ans, 50% des Africains vivront en ville), les travaux publics. « Aujourd’hui, le Nigéria souffre  d’un déficit de 17 millions de logements pour une population d’environ 170 millions », a expliqué le chroniqueur économique.

Le secteur minier aussi jouera un rôle important aussi. À titre d’exemple, le chroniqueur économique a cité le président du Conseil canadien pour l’Afrique, Benoit Lasalle qui a dit que l’Afrique est aujourd’hui ce que le Canada et l’Australie ont été dans les années 1800-1900 dans le domaine minier. En d’autres termes, un secteur pratiquement vierge. M. Tchaha a affirmé que le Botswana s’est développé en exploitant son secteur minier.

Toutefois, le chroniqueur économique reconnait qu’il est dur de parler de perspectives d’emplois en Afrique alors qu’il arrive environ 8 millions de jeunes africains dans le marché du travail. Il reconnait aussi que l’exploitation du secteur minier peut aussi être source de conflits, comme c’est le cas en ce moment  en République démocratique du Congo.

Mais les étudiants d’origines diverses formés dans des universités ou grandes écoles de commerce en Amérique du nord pourront trouver leur place dans le marché de l’emploi de l’Afrique de demain, selon M. Tchaha. Car, ils pourront, entre autres, bénéficier d’un a priori favorable ou être recrutés par des entreprises canadiennes qui sont ou seront présentes en Afrique.  Par exemple, le Canada jouit d’un expertise reconnu dans le secteur des mines. Une traction sur trois dans le secteur minier mondial se passe à Toronto, selon le chroniqueur économique.

Créé récemment, Le comité Carrières de l’AEPC se donne pour objectif d’organiser des événements en lien avec l’emploi. Think Africa est leur premier événement.

Ansou Kinty

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