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Ile Maurice:des mécaniciens indiens et bangladais appelés en renfort

«Nous sommes arrivés à un point où les travaux manuels intéressent de moins en moins les jeunes.» Ce qui est d’autant plus dommage, selon le ministre du Travail Shakeel Mohamed, c’est que ce secteur recrute. Il fait état d’un millier de postes à pourvoir dans la mécanique. Emplois pour lesquels des Indiens et Bangladais sont de plus en plus choisis.

L’idéal, poursuit le ministre, serait que les jeunes reçoivent une formation de pointe leur permettant de postuler,pour des emplois dans ce domaine et ainsi répondre aux besoins du marché. Pour l’heure, souligne Shakeel Mohamed, «le peu de Mauriciens qualifiés dont nous disposons préfèrent aller travailler à l’étranger pour un meilleur salaire».

Du coup, pour pallier le manque de main-d’oeuvre dans le secteur, les étrangers représentent une solution viable. D’ailleurs, souligne le ministre, cela fait un bout de temps déjà que des Indiens exercent dans la réparation de la grosse mécanique agricole et des voitures hybrides. Plus récemment encore, il précise que son ministère a accordé des permis de travail à des installateurs de climatiseurs, indiens, bangladais et malgaches, des compétences que les employeurs ne trouvent pas à Maurice.

Parmi les étrangers recrutés pour travailler dans le secteur de la mécanique, l’on retrouve Rubel Miya. L’express est allé à la rencontre de ce Bangladais mercredi. C’est en arborant fièrement son uniforme bleu et orange, couvert de suie, qu’il nous a accueillis. L’homme, âgé de 26 ans, explique qu’il est arrivé dans l’île en mars, laissant derrière lui ses deux soeurs ainsi que ses parents qui sont sans emploi.

Le Bangladais occupe le poste de mécanicien automobile au garage Sanashee & Co Ltd, aux Salines, aux côtés de neuf compatriotes. Rubel Miya, qui commence déjà à manier la langue créole, raconte qu’il est bien ici et qu’il ne souhaite pas rentrer dans son pays natal.

Simadree Sunassee, propriétaire du garage Sanashee, est un des pionniers dans le recrutement des étrangers dans les garages automobiles. S’il compte toujours sur l’expertise des Mauriciens qu’il emploie depuis 34 ans, il a cependant dû faire appel à des étrangers pour des services de pointe.

«Les Mauriciens s’absentent trop et ne veulent plus se salir les mains. Si nous avions uniquement eu recours aux travailleurs locaux, le garage aurait fermé ses portes il y a longtemps», avoue Simadree Sunassee.

COMPLEXE MODERNE

Les travailleurs étrangers bénéficient chacun d’une chambre où se loger avec tout le confort nécessaire. C’est-à-dire, une armoire, un lit, un téléviseur et un décodeur TNT. Sans compter l’accès à une connexion Internet. Les chambres sont situées dans un complexe moderne en face du garage.

Autre employeur à recourir à la main-d’oeuvre étrangère : Henriot Veerasamy, propriétaire du garage Yoyo, à Centre-de-Flacq. Cela fera un an le mois prochain qu’il embauche des mécaniciens bangladais. Des deux étrangers qu’il a recrutés en passant par un agent, il compte prochainement en employer deux de plus.

L’entrepreneur est convaincu que s’il n’avait pas décidé de recruter de la main-d’oeuvre étrangère, il aurait couru droit à la catastrophe. «Car les Mauriciens sont de plus en plus nombreux à ne pas vouloir travailler dans ce secteur.»

Selon le dernier rapport mensuel du ministère du Travail, à février le pays comptait 33 997 travailleurs étrangers. Figuraient en haut du tableau 18 863 Bangladais et 8 959 Indiens.

Source: Lexpress.mu

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