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Gabon-Maroc : un partenariat stratégique dans le domaine des engrais

Dans le cadre de la visite du Roi du Maroc, au Gabon, le monarque chérifien, Mohammed VI, et le président de la République gabonaise, Ali Bongo Ondimba, ont présidé le jeudi 6 mars 2014 au palais présidentiel à Libreville, la signature d’un protocole d’accord portant sur un partenariat stratégique dans le domaine des engrais.

Pour la partie gabonaise, le paraphe de cet accord de partenariat a été effectué par Régis Immongault, ministre des Mines, de l’Industrie et du Tourisme, Etienne Dieudonné Ngoubou, ministre du Pétrole et des Hydrocarbures, et Fabrice Nze Bekale, directeur général de la Société équatoriale des mines. Du côté marocain ce sont Moulay Hafid Alamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, Abdelkader Aâmara, ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, et Mostafa Terrab, président directeur général de l’OCP qui ont apposé leur signature sur les documents.

Présenté par Mostapha Terrab, cet accord de partenariat stratégique, d’une durée de neuf mois, permettra le lancement, par les deux parties, des études nécessaires au démarrage de la réalisation d’un projet qui ambitionne de renforcer durablement la sécurité alimentaire du continent et particulièrement du Gabon. Il est, en outre, la traduction de la volonté politique des deux chefs d’Etat qui s’inscrit dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Une collaboration qui se veut agissante et solidaire.

L’exposé de M. Terrab sur ce partenariat fondé sur le principe d’une intégration des ressources naturelles des deux pays (phosphate et gaz), a permis de noter que le projet permettra l’expression d’un authentique leadership africain dans le domaine de la valorisation agricole, sur un continent dont près de 80% de terres arables ne sont pas exploitées. Il vise à produire des engrais à forte teneur en phosphate et en ammoniaque adaptés ainsi aux spécificités des différents écosystèmes que compte le sol africain, représentatif des écosystèmes existant sur d’autres continents. Le potentiel agricole au profit du développement humain durable n’est, non plus, en marge de ce projet qui vient resserrer les liens de la coopération entre le royaume du Maroc et le Gabon.

L’on envisage, au terme de la mise en place du projet une capacité de production de 2 millions de tonnes d’engrais par an, à partir de 2018. Or, les besoins réels du continent en la matière s’élèvent à environ 10 millions de tonnes. Cette production sera acheminée, a expliqué l’expert, en priorité, vers les pays d’Afrique.

Celui-ci a, de même, expliqué que la forte demande en engrais, adaptés et accessibles, fait que le potentiel d’exploitation pourrait être de 8 millions de tonnes par an et permettra dans le futur de réaliser plusieurs unités industrielles intégrées de ce type dans la sous-région, voire également dans l’Est africain.

Le projet proprement dit consiste en la création d’unités de production d’engrais. Au Gabon, on aura une unité de production d’ammoniaque à partir du gaz gabonais. L’exposant a fait savoir que ce sera  la première unité de ce type dans la région, qui alimentera en priorité les marchés limitrophes. On aura également une unité de production d’engrais dans le pays tandis que le Maroc, quant à lui, aura deux unités de production d’acide phosphorique à partir du phosphate marocain dont la source a déjà été identifiée, à savoir le bassin d’Oulad Abdoune dans la région de Khouribga et une unité de production d’engrais.

L’environnement est également au cœur de cette initiative où l’on voudrait bien mettre un accent particulier sur les énergies renouvelables et les normes environnementales de dernière génération, entre autres.

Devant les hommes d’affaires marocains et Gabonais, le président directeur général du groupe OCP a indiqué que cette initiative contribuera à la création de plus 5000 emplois directs et indirects au Gabon et au Maroc et sera accompagnée dès le départ par une approche volontariste d’anticipation des besoins en formation professionnelle des personnes impliquées. Un dispositif d’accompagnement socio-économique viendra en appui au projet à travers la dynamisation d’un tissu de PME/PMI et la création d’un écosystème de sous-traitance autour du projet.

Au terme de ces signatures, le roi du Maroc et le président Gabonais se sont rendus au centre hospitalier universitaire d’Agondjé pour une visite de cette structure sanitaire qui accueille l’appui technique des personnels marocains.

Source: Gabonreview

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