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Fake news racistes et islamophobes : les cris d’indignation envers les médias de masse

Manifestation à Montréal
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Le mercredi 20 décembre dernier a eu lieu, en début de soirée, une manifestation organisée en réaction au présumé faux reportage de TVA Nouvelles, publié le mardi 12 décembre.

« Nous ne parlerons pas aux médias de masse ! »

Ainsi débute la manifestation de mercredi dernier sur la place Émilie-Gamelin, à Berri-UQAM. Ayant pour cause principale le scandale du présumé faux reportage de TVA Nouvelles, les manifestants se révoltent plus largement contre l’ensemble des fausses nouvelles publiées par les médias — et notamment le groupe Québecor — au cours des dernières années et qui auraient contribuées à la montée d’un climat islamophobe et xénophobe au Québec.
Manifestation-devant-TVA

« On entend beaucoup de fausses nouvelles », déclare l’un des organisateurs de la manifestation, « de ces chroniqueurs-poubelles qui crachent leur opinion islamophobe et xénophobe, et qui en font une obsession morbide. Comme exemple Richard Martineau, chroniqueur au Journal de Montréal. Monsieur Martineau qui dit qu’il n’a aucune obsession à l’endroit des musulmans, a pourtant fait en 2015 et 2016 le tiers de ces chroniques [islamophobes] : 33 % de ses chroniques sont sur l’islam et les musulmans et musulmanes, alors qu’ils forment à peine 3 % de la population. Le climat islamophobe, c’est ça aussi ! »

La foule, révoltée, hue l’acharnement des médias envers les musulmans, et qui ne fait que provoquer une plus grande incompréhension envers l’islam et la montée de plus en plus marquée d’un courant d’extrême droite haineux.

« C’est pas la première fois que TVA s’en tire avec la désinformation comme ça », nous confie une manifestante. « Ça fait juste renchérir l’opposition de personnes qui sont déjà sujettes à la marginalisation, déjà, à la base. Surtout qu’ils ont vraiment une masse et une tribune énormes. Ce qu’ils font, personnellement, je trouve que c’est absolument déplorable… [Grâce à cette manifestation], y a beaucoup de monde qui va être capable de se lever, justement pour montrer leur indignation par rapport à ça. Pis même si ça fait pas changer grand-chose, au moins c’est déjà un bon début d’avoir une certaine solidarité, à quelque part, de la part d’autres personnes. »

Outre les fake news, ce sont aussi les méthodes employées par les médias et la subjectivité des chroniqueurs que les manifestants critiquent. Rappelons que dans le cas du faux reportage de TVA Nouvelles, les femmes censées être touchées par le refus des mosquées de les voir travailler sur les chantiers le vendredi pendant les prières n’ont pas été interrogées pour établir l’authenticité d’une telle demande, et que le processus de vérification de la véracité du reportage a été complètement négligé par TVA Nouvelles avant la diffusion de celui-ci.

« Je voudrais que la job de recherchiste soit vraiment plus optimale », nous révèle la manifestante. « Aussi, qu’ils retirent un peu le biais en tant que tel, autrement dit ils sont tout le temps biaisés d’une certaine façon. Je voudrais que l’objectivité augmente par rapport à la subjectivité, qui est vraiment omniprésente dans leur façon de voir les choses. »

Tandis que les manifestants descendent dans la rue pour rejoindre les locaux de TVA Nouvelles, Kavitha, l’une des organisatrices de la manifestation, accepte exceptionnellement de s’adresser à nous.

« Espérons que les journalistes réfléchiront plus avant d’écrire quoi que ce soit, et qu’on vérifie qu’il y a un vrai travail journalistique qui a été fait avant. Au niveau de l’éthique de journaliste aussi, de vraiment enquêter, de pas dire n’importe quoi. Espérons que ça va faire en sorte que les gens réfléchissent deux fois avant d’écrire n’importe quoi. »

Héloïse Maréchalle: Est-ce que tu penses qu’il devrait y avoir une réglementation plus sévère envers les diffuseurs de nouvelles comme les médias de masse pour que, justement, ce genre d’informations ne fuitent plus ?

Kavitha: Effectivement. Parce que, on va se le dire, TVA c’est le média le plus écouté au Québec, donc on sait que ça va aller chercher beaucoup de personnes ici au Québec, au niveau des régions mais aussi à Montréal. Il ne faut pas oublier que, déjà, il y a un momentum de haine et une montée d’extrême droite ici au Québec, donc il faut juste pas alimenter ça. Surtout les médias de masse comme TVA, qui sont écoutés par des milliers, sinon des millions de personnes. Il faut vraiment faire attention à ce qu’on dit, parce qu’on rejoindre ces personnes-là dans leur salon, qui eux parfois ont pas le sens critique, qui vont prendre tout ce qu’on leur donne. Donc vraiment il faut faire attention… 

Penses-tu qu’il devrait y avoir des conséquences par rapport au reportage qui, justement, a été diffusé et qui a alimenté cette haine islamophobe ?

« Effectivement, vraiment, je trouve qu’il doit y avoir des répercussions. Soit au niveau de la journaliste qui a vraiment manqué son travail de journaliste, parce que cette nouvelle a circulé vraiment beaucoup… Et il faut pas oublier que les mosquées en question ont eu des menaces, donc des menaces d’incendie, des menaces concrètes de mort, et même des gens qui sont allés devant les mosquées vendredi passé [le 15 décembre] et qui étaient là malgré le fait que ça avait été dit que c’était une fausse nouvelle. On voit que le mal a déjà été fait, donc vraiment de prendre les bonnes précautions par rapport à ça pour que ça ne se reproduise juste pas. »

Par Héloïse Maréchalle

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