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Entrevue avec l’artiste Victor O en prélude au gala Miss créole Québec

Avec deux albums (Revolucion Karibeana en 2009 et Diasporas en 2014) au compteur, l’artiste martiniquais Victor O donnera une prestation « guitare-voix » avec son ami lors du gala Miss créole Québec qui aura lieu ce samedi 19 septembre au Centre sportif Cote-des-Neiges (4880, avenue Van Horne), Montréal. En entrevue avec Afrikcaraibmontreal mercredi passé, l’artiste martiniquais s’est exprimé sur ses deux albums et ses projets pour 2016.

Bonjour Victor O, pouvez-vous vous présenter?

Je m’appelle Victor O, chanteur d’origine martiniquaise dans la musique depuis une vingtaine d’années. Et je fais une musique que je qualifie de créole pop.

En parlant de créole, vous êtes venu à Montréal dans le cadre du gala de Miss créole Québec qui aura lieu le samedi 19 septembre 2015. En tant qu’artiste martiniquais, qu’est ce que ce gala représente pour vous?

D’abord, c’est ma toute première fois ici, à Montréal. Donc pour moi, c’est un moment de découverte, et puis surtout d’amener à travers ma musique, ma culture qui est donc créole, de métissage créole, dans des contrées nouvelles, par un axe un peu nouveau. Parce que l’axe créole-pop est un axe un particulier.

Justement, qu’est ce que vous réservez aux invités du gala?

Pour le gala, je vais réserver une prestation spéciale, parce que c’est une prestation guitare-voix avec un ami violoniste que j’ai invité qui est un résident antillais au Québec. Christophe Germain. Nous allons faire une rencontre guitare-voix. C’est une forme un peu particulière.

En 2009, vous avez sorti un album Revolucion Karibeana, ça fait un peu référence à vos origines, les Antilles?

Moi, j’ai eu un parcours qui n’est pas mal antillais. J’ai immigré en France avec mes parents dans les années 80. Ensuite, je suis revenu aux Antilles pour me réinstaller il y a une dizaine d’années. Et cet album a correspondu avec mon retour au pays. Alors je l’ai intitulé Revolucion Karibeana. Parce que la grande référence, c’est écrit en espagnol. C’est un clin d’œil à la plus grande révolution caribéenne qui est la Révolution cubaine. Et c’était un clin d’œil pour montrer qu’il y a un continuum culturel entre Cuba et les autres iles de la Caraïbe. Et entre les iles de la Caraïbe, il y a une identité caribéenne. C’est ce que j’ai voulu illustrer en choisissant ce titre-là.

Et après, en 2014, vous avez sorti Diasporas, est ce que ça fait référence à votre retour en France?

Diasporas, c’est vraiment la suite de Revolucion Karibeana. Revolucion Karibeana, c’est l’album du retour au pays natal, comme la référence à Césaire. Diasporas, c’est le regard sur ce que m’avait apporté la culture que j’avais construite en tant que participant à la diaspora antillaise de Paris. Le titre complet de l’album, c’est Diasporas avec une partie en latin qui est In tempore conquestus. Ça veut dire le temps de la conquête. Derrière le terme Diaspora, on y met souvent des choses un peu négatives. Pour les gens qui reçoivent les diasporas, il y a toujours un coté presque péjoratif, un peu craintif. Or tous les mondes nouveaux. On est dans un pays neuf . Le Canada c’est un pays qui a une histoire récente, c’est une histoire de diaspora. Les pays de l’Amérique du Nord se sont construites avec des diasporas. Aux États-Unis, il y a la diaspora irlandaise, la diaspora africaine, la diaspora italienne. C’est ce qui fait l’Amérique du Nord moderne…..
J’ai raconté mon histoire de diaspora. Mon arrivée avec mes parents en France….
On apprend beaucoup en rentrant dans une diaspora. On apprend une forme de posture. Et moi, j’ai voulu dire aussi que souvent les gens qui partent vers l’étranger sont les plus audacieux, les plus audacieux, les courageux de la population . Ce sont les avant-gardes de la construction d’une nouvelle culture. En ce sens, c’est une chose positive. Ce sont des gens qui partent à la conquête non pas de l’espace des autres, mais de leur propre espace…

Quels sont vos prochains projets, un autre album en vue?

Forcément courant 2016, on va passer au prochain. J’ai clip qu’on va faire bientôt. Là concrètement, en rentrant d’ici je passe par Paris, après je vais en Guyane française pour faire un concert et participer à une cérémonie qui correspond au victoire de la musique là-bas. Parce que j’avais fait une chanson avec les Bushinengués. Ce sont les Noirs du fleuve qui ne se sont jamais mélangés en fait. Ils ont été importés comme tous les Antillais d’origine africaine. À la différence, quand ils sont arrivés, la grande majorité s’est échappée pour se refugier dans la forêt. Et comme c’est semblable à l’environnement africain et qu’ils savent bien comment y vivre, ils se sont pas mal débrouillés. Ces populations sont restées avec une culture originale très africaine….
Et puis plusieurs projets pour 2016, des choses en rapport avec l’écriture et l’image.

Propos recueillis par Ansou Kinty

Plus d’infos sur le gala: www.misscreolequebec.com

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