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Entrevue avec Angélique Marguerite Berte Diène, « créatrice de mode » autodidacte

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Née à Dakar en 1986, Angélique Marguerite Berthe Diène (ou Blàcky Gyan) se définit principalement comme une «créatrice de mode». Après un séjour en France, elle atterrit fraichement à Montréal, une ville qu’elle trouve favorable au développement de son métier, comparée à Paris. Grâce à sa fibre entrepreneuriale, elle trace désormais son chemin à travers la mode, malgré ses diplômes en finance et management.

Comment êtes-vous entrée dans le monde de la mode?

J’ai plusieurs diplômes principalement en finance et en management d’entreprise, des domaines diamétralement opposés à la mode. Ma première passion pour celle-ci s’est matérialisée par la création d’accessoires avec des plumes d’oiseaux ou des coquillages, dès mon plus jeune âge. C’est seulement en 2011, lorsque mon jeune frère, Stéphane André Pierre, a lancé le concept A’S de la Perfection avec des services de photographie et de design graphique commercialisés sous son nom d’artiste : Stefdekardà L’As que nous avons décidé de donner corps à notre passion. Ayant grandi dans une famille d’entrepreneurs et grâce à leurs encouragements, mon frère et moi, avons donc, tout naturellement, bifurqué, en parfaits autodidactes, vers la mode, sans avoir reçu, au préalable, une quelconque formation. Nos parents sont des entrepreneurs autodidactes.

Quelles sont les difficultés que tu rencontres dans l’exercice de ton métier ?

A’S de la Perfection est une entreprise qui veut africaniser la mode «mondiale» et moderniser celle de l’Afrique. La principale difficulté, au départ, était de faire admettre aux africains que nos tissus ou autres matières répertoriées dans le patrimoine de notre continent avaient de la valeur. Toutefois, aujourd’hui, cette pensée s’estompe car – et malheureusement – les grands noms mondiaux de la mode les intègrent dans leurs créations. À date, le problème auquel nous faisons face est le temps. En effet, nous avons plusieurs autres activités, en parallèle dont notre magazine en ligne.

Tu as vécu en France, comment trouves-tu le milieu de la mode à Montréal ?

En France, la concurrence est très présente. Paris est toujours la capitale de la mode, mais ne l’est plus exclusivement. Montréal offre plus de possibilités de se faire connaître. En l’espace de quatre mois, nous avons eu l’occasion de présenter notre dernière collection à trois reprises sans compter les évènements auxquels nous ne pouvions participer par choix ou par manque de temps. Nous avons une «liste d’attente d’acheteuses» principalement et jamais, nous avons autant distribué de cartes d’affaires. Montréal est une ville où il fait bon d’être artiste et nous sommes certains que le meilleur reste à venir avec et dans cette ville.

Tu es d’origine sénégalaise, comment se porte le milieu de la mode au Sénégal ?

MannequinNous, sénégalais, sommes réputés pour maîtriser l’art de s’habiller. La société sénégalaise est très regardante et exigeante en matière d’habillement. Même si les influences occidentales sont omniprésentes, la mode sénégalaise a su tirer son épingle du jeu et être au devant de la scène mondiale grâce à des stylistes de renom tels que Collé Sow Ardo, Oumou Sy, Sadiya Guèye, Diouma Dieng, Angélique Diédhiou, Adama Ndiaye et bien d’autres. Aujourd’hui, elle fait face à une diversification avec une prolifération des tissus comme le bazin, le wax, le bogolan, … Certes, ces matières textiles étaient utilisées par la jeune génération ; la nôtre mais seulement à de rares, voire de très rares occasions : le port de l’habit traditionnel tous les vendredis, par exemple ou lors de fêtes religieuses. A présent, elles font partie intégrante du quotidien vestimentaire des jeunes.

Peut-on vivre de la mode au Sénégal?

Depuis quelques décennies et notamment avec les stylistes précités, la mode sénégalaise a pris des airs de professionnalisation. Plusieurs marques pullulent sur le territoire et il est important de souligner que certaines sont le fruit de jeunes dans la vingtaine et ces derniers ont déjà la fibre entrepreneuriale. Ce qui est un grand pas dans le développement de notre pays.

Avez-vous un idole dans ce milieu?

Non. J’apprécie le travail de tout un chacun.

Propos recueillis par Ansou Kinty

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