Dernières infos

Comprendre Ébola: une épidémie qui tue les plus pauvres en Afrique ?

Faire comprendre le virus Ébola et ce que l’épidémie a provoqué comme élan de solidarité internationale, voilà un exercice que s’est livré l’ex-membre de Médecins sans frontières, Patrick Cloos face aux étudiants majoritairement africains à l’université de Montréal (UdeM) le 30 septembre passé. Un événement organisé par le Réseau des étudiants de l’université de Montréal pour la recherche et la promotion du bien-être des populations en Afrique (AFRICASUM).

Actuellement professeur à l’école de service social de l’UdeM, M. Cloos a pu faire l’historique de l’épidémie en citant des documents de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS). Quand on parle d’Ébola en Afrique de l’Ouest, c’est principalement trois pays qui sont concernés: La Guinée Conakry, le Libéra, La Sierra Leone.

Guinée

Et selon les enquêtes épidémiologiques de l’OMS, le virus aurait fait sa première victime, un enfant de 2 ans, dans un village en Guinée Conakry, tout près de la frontière avec le Liberia et la Sierra Leone. Dénommé Émile, l’enfant serait mort deux jours après avoir contracté la maladie, sans que l’on ne sache comment il avait attrapé le virus. Depuis lors, les décès s’enchainent : des membres d’une même famille aux amis de celle-ci en passant par le personnel soignant qui leur porte secours (voir schéma ci-dessous). Ainsi le virus traverse les frontières de la Guinée en se transmettant par contact direct (d’homme à homme) ou par contact indirect (en touchant des objets ou liquides contaminés). Une transmission qui serait facilité par les mouvements des populations de part et d’autre des frontières, la période d’incubation étant de 21 jours.

Cycle de transmission

Même si le virus Ébola est apparu le 26 décembre 2013 en Guinée Conakry, selon l’OMS, il a fallu attendre le mois de mars 2014 pour qu’il soit reconnu comme tel. S’appuyant sur les résultats des analyses sanguines de l’Institut Pasteur de Paris , le ministère de la santé de la Guinée fait savoir, le 22 mars, que « la mystérieuse maladie » qui sévit au pays est dû au virus Ébola de souche Zaïre. Les analyses étaient faites sur des échantillons prélevés sur les victimes du virus.
Le 24 mars, c’est au tour du ministère de la santé du Liberia de reconnaitre l’existence de la maladie dans son pays et de demander aux populations de prendre, entre autres mesures, les règles d’hygiène essentielles pour éviter d’être contaminés.
Pour la Sierra Leone, c’est vers fin mai que le premier cas du virus Ébola a été identifié. Mais les enquêtes épidémiologiques l’OMS sur le virus situent la première victime d’Ébola en Sierra Leone au 6 janvier 2014.

Ébola tue-t-il les plus pauvres ?

Si on se fie aux déclarations du professeur d’université et directeur de l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres Peter Piot, cité par M. Cloos, la pauvreté des infrastructures de santé et de soins jouerait un grand rôle dans le développement de l’épidémie. « En théorie, il est très simple de contenir les épidémies d’Ébola: avec des gants, un lavage des mains dans les règles, l’utilisation des aiguilles stériles, l’isolation des patients, se débarrasser rapidement et hygiéniquement des corps des malades tués ainsi que l’observation et le suivi des anciens patients (ou contacts) pendant quelques semaines », a indiqué M. Peter Piot. « Mais en réalité, les infrastructures de santé où surgissent sont habituellement très pauvres », a ajouté le directeur. Et c’est le cas en ce moment, au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée Conakry. Le Liberia et la Sierra Leone ayant connus récemment des guerres civiles, avec des conséquences importantes sur les plans socio-économique et sanitaire.

D’où le déclenchement de l’élan de solidarité internationale (ONU, Cuba, France, Chine, États-Unis…) pour stopper la maladie, en envoyant du matériel médical, du personnel de santé, en appliquant des règles d’hygiène essentielles, en construisant des centres de santé et de soins dignes de ce nom dans les trois pays de l’Afrique de l’Ouest particulièrement touchés. Les pays tels que le Sénégal, la Cote D’Ivoire, le Nigéria, qui partagent pourtant des frontières avec l’un des trois pays particulièrement touchés, sont peu concernés par la maladie: un cas a été signalé au Sénégal fin août passé, sans causé de mort, quelques cas au Nigéria et en Cote D’ivoire.

L’ex membre de Médecins sans frontières a rappelé que le virus Ébola s’était signalé en Afrique, plus précisément en République démocratique du Congo (ex-Zaire) pour la première fois en 1976. Et c’est Peter Piot qui en mise en évidence la maladie. Elle s’était développée dans la région de l’Équateur, le long du fleuve Ébola. Le contact direct ou indirect avec des animaux sauvages (chauve-souris, antilopes, singes, porcs-épics), considérés comme des réservoirs du virus serait à l’origine de l’épidémie (voir schéma ci-dessous). Son développement serait favorisé par l’utilisation des aiguilles non stérilisés par des nonnes belges à l’époque.
Cycle de transmission 1

Pour le cas d’Ébola 2014 en Afrique de l’Ouest, le déclenchement et le développement de la maladie serait dû, entre autres facteurs, à la modification du système écologique (exploitation minière et du bois) qui favorise le contact avec les animaux sauvages, selon les résultats des enquêtes fournis par l’OMS. Certains animaux étant chassés pour leur viande.


Afrikcaraibmontreal.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.